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Le Bato Fracas

"L’homme est pluriel et renferme en lui un tas de possibles, nous sommes tous des icebergs" Domi Giroud

Les Protos-types, férus de construction et de spectacles dans la rue, proposent des créations à destination d’un large public. La compagnie porte aujourd’hui le Bato Fracas.
Ils sillonnent la ville comme une manifestation, une revendication poétique, un témoignage fracassant, une lame de fond.
Mettant à profit leurs compétences, les Protos-types, investissent des lieux, rues, espaces publiques, pour créer la rencontre. L’objet monumental et le propos poussent le spectacle dans la rue, au cœur de la population. Il ne peut en être autrement.

Synopsis

Des années durant, des mécaniciens-pêcheurs ont travaillé sur un même chalutier. Ils y ont vécu leurs plus belles années mais aussi les plus rudes. Un jour, l’armateur dépose le bilan, le bateau se retrouve à quai et les marins au bistrot chez Malou. Ils ruminent leur nouveau statut de chômeur, sombrent mais restent solidaires dans cette nouvelle tourmente.

Malou :
« Et pis un jour ou plutôt une nuit, j’ me rappelle, il y a la Carpe d’un coup qui dit : « Et si on rachetait not’ rafiot et qu’on en ferait eun Baraque à Crincrin !
Y a eu un silence mazette ! Et pis après un grand… un gros… fracas, z’ont tous beuglé ensemb’, à n’y rien comprendre et c’était reparti jusqu’à cinq heures… Voilà c’est comme ça que ça a commencé not’ Bato Fracas.
 »

Le bateau, promis à la ferraille, est racheté pour l’euro symbolique. Les matelots l’installent en cale sèche et le remettent sur pied. Ils passent d’un bateau usine à une boîte à musique, ils quittent la mer pour s’aventurer dans les terres. De taiseux, les marins deviennent prolixes chacun avec leurs langages propres, ils composent une partition théâtrale et musicale et dévoilent les entrailles du bateau et de son équipage.
Le Bato Fracas se déplace lentement, poussé par ses hommes, il part pour une traversée unique avec escales, le public est transporté progressivement vers d’autres contrées revendicatives, fantasques, poétiques.

Les intentions et l’imaginaire

"Flâner dans un courant d’embruns polyphoniques, se laisser porter par la déferlante, sans vague à l’âme. Quitter la mer pour s’aventurer dans les terres."

Nous invitons le public à embarquer avec nous pour une croisière urbaine, un voyage qui déverrouille les imaginaires, délie les langues, dépoussière les oreilles et les yeux ; concocte du souvenir et du remue méninge.
Nous proposons cette odyssée avec un vaisseau surprenant et insensé, pour être à la hauteur d’une folie ; s’extirper du réel et foncer vers le fantastique.
Le bateau est le véhicule de notre histoire, il symbolise le mouvement, la force de vie, et s’oppose ainsi à l’inertie, l’abattement.
Nous inventons une appropriation d’un outil de travail en mettant sur roues un navire destiné à la casse ; c’est le projet fou de marins qui vont s’adapter, saisir leurs destins et prendre la route.
Nous voulons sillonner la ville comme une manifestation, une revendication poétique, un témoignage fracassant, une lame de fond.

Le spectacle

"L’histoire s’écrit devant nous, avance et se cisèle au long du parcours. Chaque personne est partie prenante, investie de proposer un beau voyage et le nourrir."

Le spectacle se déploie sur la journée, en trois temps.
Aux aurores, avant l’effervescence du quotidien, le bateau est déposé dans la ville : un carrefour, une place de marché. Par sa stature, il commence d’interpeller le passant comme une météorite tombée dans la nuit ou un cadeau déposé au pied du sapin. Le Bato Fracas est « à quai », énigmatique, largué au milieu de la vie urbaine ; il attend son heure.
Pendant la journée, l’équipe du bateau met en place des indices sur le parcours du spectacle du soir : sérigraphies, fils de linges à sécher, bouées, filets de pêche… Ces actions réalisées sans jeu théâtral, alimentent le propos et donnent lieu à des échanges avec les habitants du quartier, les passants.
Le soir, l’équipage va rejoindre le bateau pour une traversée urbaine, celle-ci se scinde en trois temps : deux à l’arrêt avec un dispositif scénique frontal, un en mouvement ouvert à tous vents.
Le spectacle est musical, le son est omniprésent. Quand le bateau est en mode usine, le son est puissant, varié et mécanique. La matière sonore est orchestrée avec trois composantes :
- Des moteurs thermiques aux sonorités domptées.
- Des effets d’air et de compression d’électrovannes.
- Des instruments musicaux amplifiés.
Quand le bateau est en mode intime, les musiques sont mélodiques. Instruments et voix apparaissent comme pour marquer une respiration.

Les personnages

La Malou, capitaine du bateau est veuve d’un marin. Elle n’a jamais navigué, mais des histoires elle en connaît. Pendant le spectacle, elle présente les personnages, raconte les conditions de travail en mer, décrit les moteurs qui grondent sur le pont, se met aux commandes des manœuvres du Bato Fracas, pousse parfois la chansonnette… donne du "chœur" à l’ouvrage…

Sous ses ordres se trouvent les quatre mécanos, naviguant entre le sol et le pont. Ils gèrent les remorqueurs, le rythme de croisière du bateau et les effets. Les mécanos marquent la coque par des bribes de phrases, de mots, le long du parcours. Avec l’aide d’un pinceau et de blanc de meudon, ils accentuent la narration.

L’univers sonore est assuré par les trois musiciens qui jouent avec les moteurs, actionnent le mouvement de la clé sonore et parfois sortent leur guitare. Lors du Fracas, il enchaîne des thèmes populaires, avec les moteurs, tout le bateau résonne.

La construction du bateau

Le Bato Fracas est un hybride. C’est un judicieux mélange entre un roulier, une péniche, et un brise glace. La clé mécanique posée sur la cabine est le déclencheur de l’ouverture et la fermeture du bateau. C’est un objet colossal de 5m de haut, 14m de long et de 5,5 tonnes ! Il a été entièrement construit par l’équipe en cinq semaines de chantier.